Une enquête vient de confirmer les taux de mortalité particulièrement élevés signalés ces derniers mois parmi les colonies d’abeilles. Aussi, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a décidé de renforcer les mesures pour améliorer la santé du cheptel apicole. Stéphane Travert, « pleinement conscient des difficultés sanitaires rencontrées par la filière apicole depuis plusieurs années », avait demandé lors de son ministère, en juin dernier, une enquête visant à mieux comprendre les mortalités et affaiblissements des colonies d’abeilles. Ces résultats, livrés à l’actuel ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, confirment les surmortalités de l’hiver 2017.
Cette enquête a été menée auprès des apiculteurs français durant l’été 2018. Les premiers résultats concernant les mortalités hivernales de colonies d’abeilles ont été présentés le 24 octobre au comité d’experts apicole du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav).
Toutes les causes de mortalités ont été prises en compte dans cette enquête. Au final, elle démontre que le taux moyen de mortalité des colonies d’abeilles à l’échelle nationale durant l’hiver 2017-2018 est estimé à 29,4%, très au-delà du taux de 10% de mortalité hivernale qualifié de « normal » par l’ensemble des acteurs concernés (apiculteurs, scientifiques…).
Plusieurs mesures ont été décidées lors du Comité apicole. Le déploiement dans de nouvelles régions de l’Observatoire des mortalités et des affaiblissements de l’abeille mellifère (OMAA), mis en place en Bretagne et Pays de la Loire depuis le début de cette année, sera accéléré.
L’Etat financera des analyses toxicologiques quand les mortalités ne sont pas expliquées par d’autres causes aisément mises en évidence. La rénovation du dispositif de surveillance des mortalités massives aiguës des abeilles engagé depuis plusieurs mois sera poursuivie.
L’amélioration sanitaire du cheptel apicole français nécessite également une lutte efficace, par tous les apiculteurs, contre le parasite Varroa destructor. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, invite la filière apicole à « définir rapidement une stratégie nationale collective de lutte qui soit à la hauteur des enjeux ».
Par ailleurs, Didier Guillaume a rappelé le dispositif d’aide exceptionnelle mis en place à destination des apiculteurs touchés par les mortalités survenues durant l’hiver 2017-2018. Ce dispositif soutient le renouvellement du cheptel apicole à travers une aide forfaitaire de 80 euros par essaim acheté.
En vidéo ci-dessous –> Pourquoi les abeilles disparaissent ?